IL Y A RIEN DE NOIR OU DE BLANC

Par Bérénice Desrosiers

Le Québec, vu de l’extérieur, semble être une province avec une société inclusive, puisqu’elle accueille la majorité des immigrants du pays dans lequel elle se trouve en ce moment ou qu’elle tente d’encadrer les minorités visibles dans différentes sphères de leur vie. Aussi, lors d’évènements tels que le Mois de l’histoire des Noirs, elle organise des activités de sensibilisation ou, tout simplement, elle a, dans son ensemble, une diversité importante d’ethnies, si nous nous comparons à d’autres endroits dans le monde. Cette dernière, cette variété ethnique, si le Québec est seulement constitué des grands centres comme la Ville de Montréal ou la Ville de Québec (dans la tête de certains, c’est le cas), on la retrouve presque en quantité industrielle; il y en a de toutes les nationalités, et c’est parfait comme ça. Par contre, dès qu’on s’éloigne un peu des municipalités les plus populeuses, car, oui, le Québec est plus vaste que deux ou trois villes, la pluralité ethnique est une denrée rare. Étrangement, c’est dans ces municipalités «éloignées», telles que le Saguenay-Lac-St-Jean, pour prendre un exemple, qui est majoritairement et même en très grande partie composée de Québécois de souche très caucasiens, disons le comme ça, que l’on retrouve le noyau de la haine, l’apogée de la xénophobie. Détrompez-vous, ce n’est pas tous les habitants de ces villes ou de ces villages qui pensent de cette manière, ne tombons pas dans la généralisation abusive, mais les plus bruyants sont ceux qui tiennent des propos agressifs, qui s’apparentent plus souvent qu’autrement à « Ils nous envahissent» et «Retournez dans votre pays». Curieusement, cette dernière réplique peut être dite à des personnes étant nées ici, cela ne change rien apparemment. 

Si, au moins, cela demeurait que dans leurs pensées et n’était pas partagé, sous aucune façon, ce serait tolérable un minimum, même passé sous silence totalement, mais là, ils ne se gênent pas pour répandre leur fiel haineux sur les médias sociaux à grand coup de huit à dix «posts» par jour. Ils sont encouragés par leurs pairs pratiquant cette même activité quotidienne depuis bien longtemps, motivés par des chroniqueurs ignorants jouant des personnages (ou du moins, croisons nous les doigts pour que ça en soit un) ou justifiés par des figures d’autorité se sentant légitimes puisqu’elles se sont retrouvées avec du pouvoir ou qu’elles se sont faites élire, ayant une «bonne» ligne de parti, plaisant à une «majorité». 

Encore là, ce serait pardonnable et passerait inaperçu si les commentaires demeuraient des cas isolés, dits par des matantes et des mononcles ayant été élevés à une autre époque, il faut être compréhensifs à leur égard, changer de mentalité du jour au lendemain est plus facile à dire qu’à faire, surtout dit par des personnes ayant grandi alors que les barrières n’existaient déjà plus. Par contre, ces personnes, encore grâce aux médias sociaux, partagent les publications de leurs «amis», ayant la même opinion sur un sujet en particulier, et, ensemble, ils créent des liens forts, formant une communauté grandissante. Une communauté opposée à des êtres humains ne demandant rien, menant leur petit train-train quotidien, et  qu’ils ne connaissent même pas; cela, c’est vraiment hors de ma compréhension, prôner littéralement la lutte contre une communauté complète. 

Ensuite, ils décident de se rencontrer pour échanger leurs points de vue, des réunions/rassemblements sont organisés et, c’est à ce moment, de fil en aiguille, à l’aide de discussions «réfléchies», que des personnes en petit nombre ont des idées brillantes, comme celles d’afficher des pancartes indiquant «Saguenay ville blanche» ou «Dites non à l’immigration de masse», dans ce cas-ci, appuyant leur candidat chouchou, Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada. Aussi, se rendant compte qu’ils sont nombreux partageant les mêmes idéaux, ils sont inspirés à créer des groupes tels que la Meute, ce groupe de pression se disant nationaliste (attachement passionné à la nation québécoise) oeuvrant contre l’immigration illégale et l’islam radical. Les membres ne se disent probablement pas tous racistes et, en tant qu’association, ils tentent ouvertement d’enlever l’idée générale qu’ils le sont en se disant opposés au racisme. Par contre, leur porte-parole a déjà dit «Leur intention est de mettre en place un système misogyne, homophobe, pédophile, barbare et archaïque, sous la tutelle d’un tribunal coranique.», «Il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils soient visibles, ce ne serait pas dans leur intérêt. […] Eux, leur intérêt, c’est de convaincre tout le monde qu’ils ne sont pas là. C’est ce qu’ils ont fait en Europe, jusqu’à ce qu’ils soient assez nombreux pour prendre le contrôle du système politique et d’être assez pesants pour faire changer les lois en leur faveur.» et «Ces gens-là, c’est prouvé, ils vont essayer de reproduire ces conditions-là ici»…Étrange, venant d’un groupe se disant non xénophobes. Interprétez le comme vous voulez, mais, pour moi, c’est assez clair les réelles valeurs véhiculées.

Ce groupe, à lui seul, compte environ 43 000 personnes sur sa page Facebook, tandis qu’une autre page Facebook pouvant être considérée d’extrême droite, Québec FIER, compte 38 000 mentions j’aime. Bref, tout ceci ne fait qu’encourager, légitimer et alimenter la haine d’une certaine proportion de la population en pointant du doigt une minorité de gens et les portrayant comme le problème et l’ennemi de la société québécoise. 

Plusieurs diront que ces petits groupes indépendants plus ou moins nombreux, quand même beaucoup appréciés sur les réseaux sociaux (mentions «j’aime»), ne font que crier fort et n’ont aucune crédibilité, donc personne ne deviendra raciste ou xénophobe par leur influence. Je l’accorde, ils peuvent sembler ridicules tout comme leurs propos. Le problème est que ces groupes, reprenons l’exemple de la Meute, disent s’inspirer du parti actuellement au pouvoir au Québec, la Coalition Avenir Québec (CAQ). Elle a été élue le 1er octobre 2018, ayant obtenu 37,5% des votes exprimés; petit bémol, ce n’était pas toutes les personnes pouvant voter qui l’ont fait, environ 66,5% se sont actuellement présentées aux urnes.

En même temps, ce n’est pas complètement inimaginable que la Meute se sente interpellée par notre cher gouvernement; la CAQ, durant la première année de son premier mandat, a décidé de suspendre les dossiers d’immigration de 18 000 personnes qualifiées, dans le but de «mieux» sélectionner les individus pouvant travailler dans notre chère province. Aussi, dans ses premiers mois au pouvoir, le parti de François Legault a décidé de créer la loi 21, une loi interdisant aux personnes exerçant le métier de juge, de policier, de gardien de prison et de professeur de porter un signe religieux, qui pourrait nuire à l’exercice de leur fonction, disant s’inspirer de la Commission Bouchard-Taylor. De plus, le parti a modifié le PEQ (Programme de l’expérience québécoise), nuisant à de nombreux immigrants. Bien sûr, p, il y a eu des oppositions de la part des autres partis, mais le bâillon, cette chose permettant l’accélération de l’adoption d’un projet de loi en coupant court au temps de débat et de questionnement, a été utilisé, dans le cas de la loi 21 et la loi 9, suspendant les dossiers d’immigration. Pour le PEQ, ils ont dû revenir en arrière puisque l’opposition était forte et qu’ils n’avaient pas calculé les répercussions de leurs actions. 

Pour revenir sur la commission qui a été tenue en 2008 par Charles Taylor et Gérard Bouchard et son rapport, ce dernier fut rejeté par le premier homme à la suite des évènements tragiques du Centre culturel islamique de Québec, et le second a jugé trop sévère la restriction faite pour les enseignants, n’étant pas inclus originalement. De plus, je ne tente pas de faire de raccourcis intellectuels, mais lors de l’élection de notre gouvernement actuel, Marine Le Pen, femme politique française d’extrême droite (lire: xénophobe et raciste sur les bords), s’est dit contente que le Québec soit finalement dirigé par un parti faisant du sens (lire: qui la représente le plus dans ses idéologies). Ceci dit, je comprends comment certains aspects de la CAQ attire la Meute. 

Un événement ayant marqué l’imaginaire collectif et le mien est l’attentat de la Grande mosquée de Québec, les événements tragiques mentionnés plus tôt, survenu le 29 janvier 2017, ayant tué 6 personnes. Je connaissais la haine avant ce moment, je savais qu’elle existait, mais en regardant le bulletin de nouvelles ce soir là, en entendant ma famille se demander qui que nous connaissions pourrait se trouver sur les lieux, cela m’a sauté au visage. Le geste en soit me choque encore et les réactions sur Internet de certaines personnes qu’il y a eu le font encore plus; comment quelqu’un ne peut être affecté par des actions autant haineuses? Certaines personnes avaient presque l’air de glorifier le tueur… Le Québec peut sembler régulièrement islamophobe, mais c’était le geste le plus drastique qui s’est produit, ayant eu tout un effet de surprise. 

Lors de la campagne électorale pour l’élection du gouvernement fédéral, un sujet était au coeur de plusieurs débats; la loi 21, oui encore. La question était régulièrement si les partis vont la contester en appel, autant dans les débats en français que ceux en anglais. Un de ceux en anglais a fait réagir beaucoup de chroniqueurs québécois, à cause d’une question qui a été posée  la modératrice Althia Raj au chef néodémocrate Jagmeet Singh: «Si vous devenez premier ministre, vous abstiendrez-vous d’intervenir pour laisser une autre province discriminer ses propres citoyens? Ne placez-vous pas les intérêts de votre parti au Québec au-dessus de vos principes et des droits égaux de tous les citoyens?». La question indiquant déjà que la loi, selon le canada anglais, est discriminatoire, pour ne pas dire raciste, comme le Québec qui protège cette loi avec vigueur.  Si autant de personnes le considère, faudrait peut-être regarder la réalité en face. 

Sur papier, le Québec ne semble pas raciste, sur le sujet de diversité et d’acceptance, on semble être une société exemplaire. Sur papier, c’est une chose; en pratique, c’en est une autre…

TROP VIEUX, TROP JEUNE

Par Bérénice Desrosiers

Nous pouvons facilement faire le parallèle entre un être humain et un vin et l’impression qu’ils laissent; en effet, si nous faisions déguster des vins à un groupe de personnes et nous mettrions un vieux vin dans le lot, ce serait ce dernier qui serait le mal-aimé, le moins bien apprécié. Ce n’est pas qu’il est moins buvable, mais plutôt qu’il perd en exubérance et gagne en puissance, en persistance; la force tranquille de l’âge mûr. C’est celui auquel on ne s’attend plus à rien qui  a le plus de chance de nous surprendre. Comme l’a dit l’oenologue français Émile Peynaud, spécialiste des techniques de fabrication et de conservation des vins, «Savoir vieillir, c’est conserver longtemps les vertus de la jeunesse.». 

Concernant les individus, le vieillissement a toujours été perçu de différentes façons, tout dépendant d’où nous venons, de notre culture et de l’époque où nous nous situons. D’un côté, les personnes plus âgées peuvent être associées à la sagesse, à l’expérience, à la transmission et le partage de leurs valeurs et de leurs notions; c’est ce qui caractérise la vision positive. De l’autre côté, la folie, la sénilité, le fardeau, le déclin sont des termes reliés aux aînés de la société. Présentement, dans la majorité des sociétés industrialisées, c’est, malheureusement, cette dernière vision qui est la plus partagée et retrouvée dans les esprits. Cela peut être appelé  comme ce que c’est, de l’âgisme, qui est en fait la discrimination envers les personnes âgées, de la ségrégation par rapport à l’âge. 

Le mépris de la société envers nos têtes grises ou grisonnantes se fait ressentir de différentes manières, certaines plus explicites que d’autres, les gens ne se dérangent même plus avec les formules de politesse, même  si elle est fausse. Dernièrement, une certaine mode sur les réseaux sociaux concernant cette forme de ségrégation a pris de l’expansion d’une façon considérable; celle de répondre lors d’un débat avec une personne semblant plus vieille que soi et ayant des propos assez conservateurs ou différents que les siens un «OK Boomer». C’est comme si ce commentaire à lui seul était assez pour invalider son opposition, comme si elle n’existait pas réellement. L’opinion d’une personne n’est pas automatiquement sans valeur parce qu’elle provient d’une personne ayant grandi à une autre époque qui partage un opinion autre. 

Le «OK Boomer» a tellement été utilisé à toutes les sauces que ses utilisateurs oubliaient que cela pouvait être vexatoire, malpoli et mal reçu. Il a tellement servi dans les débats que ce n’est pas que la plus jeune tranche d’âge qui en faisait son expression chouchou, mais bien une bonne proportion de la société, tous âges confondus. Cette forme d’âgisme, celle de 2019, est prise au sérieux plus que jamais; c’est considéré comme méchant puisque la viralité, la fougue et l’anonymat des réseaux sociaux ont transformé une simple moquerie en acharnement ayant des réels impacts sur une partie de population complète, se sentant mal aimée. Même ceux ne partageant pas les opinions de leurs pairs que nous prohibons sont mis dans cette catégorie et subissent le même sort; la différenciation ne se fait même plus. 

L’âgisme a des effets à court et à long termes sur les personnes qui en sont victimes. Une augmentation de comportements de dépendance (besoin d’une autre personne lors d’une tâche complexe) se fait sentir, tout comme un sentiment d’inefficacité chez ces dernières. Au lieu d’entretenir le discours et les échanges entre générations, nous dévalorisons un groupe à part entière et, par le fait même, ne faisons qu’agrandir le fossé séparant les idéologies entre les tranches d’âge. 

Totalement à l’opposé, la discrimination envers les jeunes et les adolescents est aussi un enjeux sociétal. Effectivement, les jeunes sont régulièrement perçus comme lâches, incompétents pour une certaine tâche, leur apparence et leur mode de vie est décortiqué et bâché par les générations avant eux. Rien ne semble être acceptable. Une certaine partie de la société les perçoit tous comme des rebelles et des criminelles à cause de ce que les médias publient. 

Quand enfin, une adolescente parmi le groupe se lève, choisit de militer pour une cause touchant tout le monde, littéralement, elle se fait critiquer, se fait dire qu’elle n’a pas assez de vécu pour faire la morale, qu’elle ne connaît rien. Greta Thunberg, celle que je parlais, s’est fait traitée de mentalement instable, d’hystérique, d’autiste en plus d’obsessive-compulsive, s’est fait dire qu’elle souffrait de trouble alimentaire et de dépression. Pour la décrire, les gens la critiquant font régulièrement l’utilisation du terme «enfant», tentant de l’infantiliser et que les arguments, les idées avancés soient dévalorisés. À ce point-là, c’est une forme poussée de jeunisme, peut-être à cause que cette jeune femme représente en plus la lutte contre les changements climatiques, un autre sujet divisant la société et créant des mécontents. Par contre, ce ne sera pas la première ni la dernière des adolescentes que les plus vieux tenteront de faire taire ou de calmer les idées différentes. 

La société dans laquelle nous vivons est, sur ce point, à l’apogée de la contradiction; les adultes désirent que les plus jeunes s’impliquent et prennent leurs responsabilités, mais lorsque c’est fait, ils tentent à tout prix de ridiculiser les paroles prononcées par ces derniers, ne tolérant pas se faire faire des reproches ou la morale par des gens la moitié de leur âge.  

Le mieux, dans tout cela, serait d’oublier la différence des âges ou, du moins, tenter de le faire pour réussir un dialogue multi-générationnel qui s’impose pour le maintien d’une société en cohésion. Ce dernier, cet échange, permettra de mieux comprendre les opinions de tous et chacun, de trouver un terrain d’entente si il le faut, dans le but que tous soient respectés et se sentent entendus. La manière que nous communiquons présentement n’est pas la bonne, peu importe du côté où nous nous trouvons. Cela évitera bien des malentendus et bien de l’agressivité inutile. Mettons notre énergie au profit d’autre chose. 

UN ÉTERNEL COMBAT

Par Bérénice Desrosiers

Dans notre société actuelle, où nos actions sont dictées par les relations sociales entretenues depuis des siècles, où les idées qui ont aidé au bon fonctionnement social se sont transformées en normes et en jugement commun, la forme est un facteur important, pour ne pas dire capital, peut-être superficiel, que la population impose en échange d’une forme d’acceptation. En se préoccupant davantage de comment les choses sont dites, sont faites, perdons-nous le fond, les propos avancés par les personnes ne rentrant pas dans le moule très carré dans lequel nous nous trouvons, nous complaisons? Dans cette lignée, préférons-nous une coquille vide remplissant les standards à un marginal débordant de savoir et d’opinions des plus valables? 

C’est un peu comme cela que j’analyse ce qui se passe avec la députée de Taschereau, Catherine Dorion, remplie d’idées, manquant d’oreilles pour l’écouter. Elle a été élue dans cette circonscription lors des élections de 2018 aux couleurs du parti de gauche québécois, Québec solidaire. Depuis le début de cette campagne électorale, les discussions autour de sa personne portent davantage sur son accoutrement, sur son franc parler et sur ce qui la différencie grandement des autres députés de l’Assemblée nationale qu’autres choses. Je ne crois pas qu’une tuque change le fond des paroles dites lors d’un discours d’élection ou bien qu’un coton ouaté nuise au bon fonctionnement des travaux de notre Parlement. Peut-être que les débats dévient ou sont déviés vers des trucs futiles, s’éloignant de l’important. Peut-être que Dorion se fait du capital de sympathie et se sert de ses «extravagances» pour faire avancer son parti, ses idées et le message qu’elle doit véhiculer. Par contre, je ne comprends pas pourquoi la société québécoise est autant outrée par cette personne, sommes-nous réellement superficiels ou aimons-nous tous autant le décorum à ce point? Ne sommes-nous pas les premiers à critiquer l’élite, donc les députés étant placés sur le piédestal tout de même imposant sur lequel ils se trouvent? «Ils ne représentent pas le vrai peuple, c’est des coincés à cravate», une le fait et vous trouvez encore le moyen de chialer. 

Sur une autre note, les élections de 2018 et l’élection de plusieurs candidats du parti orange, celle de, justement, Dorion, celle de Manon Massé (Sainte-Marie-Saint-Jacques, Montréal), de Gabriel Nadeau Dubois (Gouin, Montréal), de Christine Labrie (Sherbrooke, Estrie), de Sol Zanneti (Jean-Lesage, Capitale-Nationale), de Andrés Fontecilla (Laurier-Dorion, Montréal), de Ruba Ghazal (Mercier, Montréal), de Vincent Marissal (Rosemont, Montréal), de Émilise Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Abitibi-Témiscamingue), de Alexandre Leduc (Hochelaga-Maisonneuve, Montréal) ont démontré une chose: il a un engouement tout de même évident pour un vent de gauche, un vent nouveau. Comme dirait Éric Bélanger, un professeur au Département de sciences politiques de l’Université McGill, «Il y a une croissance constante, mais relativement lente qui commence à porter fruit.». Il doit y avoir une raison pour cet emballement quand même soudain. 

Par contre, peut-être que la tendance au populisme qu’à la députée de Taschereau nuit à l’image du parti qu’elle tente justement de représenter le plus fidèlement et de porter à bout de bras. Oui, elle pointe régulièrement «l’élite», s’inclut dans le peuple et n’amène pas toujours des solutions aux débats. En même temps, le problème pourrait bien être la société québécoise, qui donne davantage d’attention au contenant qu’au contenu. Les députés de Québec Solidaire peuvent choquer par leur différence ou le manque de décorum puisque ce dernier est strict. En effet, ce n’est pas que Dorion qui est remarquée, la plupart des députés se font reprocher leur accoutrement et  leur co porte-parole femme a aussi fait jaser par son allure, que les gens qualifient de masculine, et ses discours coloré. Cela signifie-t-il que les discours et les idées apportées ont moins de valeurs? Que ceux-ci ne font aucun sens et sont inventés de toute pièce? Non, bien sûr que non. 

Les gens adhérant aux autres partis politiques de la Province de Québec (la Coalition Avenir Québec, le Parti libéral du Québec, le Parti québécois) avancent régulièrement le point que les partis ou les branches de ceux-ci davantage de gauche sont dans le néant concernant l’économie; le côté social et le côté économique ne feraient pas bon ménage apparemment. Lors de la campagne électorale de 2018, Québec solidaire promettaient certains services sociaux gratuits, comme l’assurance dentaire, pour une diminution des inégalités entre classes sociales. Le parti de gauche avait un plan économique approuvé, avec toutes ces promesses de gratuité, et faisant bien du sens, mais les idées nouvelles furent traînées dans la boue et ridiculisées. Les plus conservateurs ne se sont mêmes pas penchés sur les idées; ils n’acceptaient tout simplement pas d’écouter des gens misant sur le côté social parler d’économie. 

Présentement, à l’échelle provinciale toujours, Québec solidaire, se trouve à être la deuxième opposition officielle à l’Assemblée nationale. C’est une bonne chose puisque, premièrement, ils prennent en croissance, car il y a pas moins de six ans, seulement deux députés avaient réussi à être élu et, deuxièmement, cela permet que les idées soient contestées par une opposition réellement différente et, donc, participer au progrès social. Cette contribution ne doit pas être jugée, ni regardée de haut par les députés ou même la société, mais, plutôt, reçue et analysée comme tout autre point de vue. 

D’une vue d’ensemble, être de gauche ou être gauchiste, c’est réclamer et obliger le progrès dans les institutions et avoir l’idée qu’un individu peut changer de classe sociale, qu’il n’est pas cloué dans sa situation sociale et économique actuelle, qu’il n’est pas le produit d’une hérédité ne pouvant être changée. Justement, la droite a tendance à être convaincue que chacun devait demeurer à sa place, que ce n’est que le juste ordre que la vie a décidé. On peut observer cela lorsque les plans économiques des partis davantage à gauche est la gratuité des services et, qu’à son opposé, c’est la réduction des impôts qui est promise. Cela fait que les classes sociales à l’aise financièrement, celles étant capables de subvenir aux besoins de base, le deviendraient encore plus et les personnes n’arrivant pas ou peu à la fin du mois ne recevront pas plus d’aide. Les inégalités sociales ne feront qu’augmenter, tout comme l’écart social. 

Gilles Deleuze, un philosophe français, a dit «Être de gauche, c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite, c’est l’inverse.». Avait-il raison? Selon moi, cela résume assez bien la situation. Qu’est-ce qui est le mieux pour gouverner une nation, dans le cas du Québec de 8.5 millions? À vous d’en jugez. Par contre, qu’est-ce qui est le mieux, le bien-être et le confort d’une petite pelletée d’individus ou bien d’une majorité de personnes? Je ne dis pas que l’un est parfait, bien au contraire, ils ont tous des défauts, mais je choisis le moins pire, le plus profitable pour tous. Peut-être qu’en tant que société, nous devrions revoir les principes importants pour nous et ce que l’on désire comme nation.

UNE AUTRE ÉPOQUE, VRAIMENT?

Par Bérénice Desrosiers

Geneviève Bergeron (21 ans), Hélène Colgan (23 ans), Nathalie Croteau (23 ans), Barbara Daigneault (22 ans), Anne-Marie Edward (21 ans), Maud Haviernick (29 ans), Barbara Klucznik-Widajewicz (31 ans), Maryse Laganière (25 ans), Maryse Leclair (23 ans), Anne-Marie Lemay (22 ans), Sonia Pelletier (28 ans), Michèle Richard (21 ans), Annie St-Arneault (23 ans), Annie Turcotte (20 ans); toutes ces femmes sont les victimes de la tuerie en milieu scolaire la plus meurtrière que le Canada ait connu, il y a 30 ans de cela. Cette dernière est celle de l’École polytechnique de Montréal, ayant eu lieu le 6 décembre 1989. Trois décennies plus tard, le terme d’anti-féministe est finalement utilisé pour décrire cet attentat, tandis qu’avant, c’était davantage «évènement tragique» qui était employé. Pourtant, le terroriste avait déclaré, avant de commettre ses crimes, «Vous êtes toutes féministes et je déteste les féministes». Ce ne pouvait pas être plus explicit que cela…

Cette journée-là restera marquée dans la mémoire collective québécoise, divisant à cette époque et à la nôtre, la société. Les débats sur le féminisme et les droits des femmes doivent-ils être ré-ouverts? Est-ce que, encore à ce jour, nous avons besoin d’en entendre parler autant, que ce soit autant médiatisé? Le sujet de l’égalité des sexes était pourtant clos me direz vous. A-t-on toujours besoin du féminisme? Le message semble être compris, c’est quelque chose d’acquis; les femmes et les hommes sont égaux. À la question de si le féminisme est encore nécessaire, je répondrai oui, absolument. Mais, pourquoi?

Parce que les revendications de nos prédecesseures femmes concernant leurs droits, nos droits ont pris si longtemps à se faire entendre et à se faire respecter, peu importe de la complexité de ces lesdits droits comme de voter ou d’ouvrir un compte en banque sans l’accord de son mari. D’autres combats ardus ont été menés pour que des lois sur l’égalité homme-femme soient passées, que le droit du divorce soit révisé, que l’avortement soit décriminalisé, etc. Même ce dernier, le droit de mettre un terme à sa grossesse si c’est ce qui est désiré par la femme, est remis en question de nos jours par des gens, majoritairement hommes, disons la vérité, voulant imposer leurs croyances lors de la prise de décisions des plus importantes. Dans des cas extrêmes, une victime de viol devra porter l’enfant qui lui a été forcé, sans rien pouvoir y faire, risquant la prison, comme nous pouvons l’observer aux États-Unis présentement. Dans certains endroits, le corps de la femme n’est même pas sous sa gouverne, ce qui se passe dans son utérus n’est pas de son ressort. Si, même pour cela, elles n’ont pas leur mot à dire, le monde fait un retour en arrière et se jette tout droit dans un mur. 

Parce qu’il y a encore des féminicides passés sous silence, n’osant pas être appelés comme tel, même si c’est la réalité, comme dans le cas de l’École polytechnique; le tueur était un anti-féministe assumé et, même là, la vérité faisaient peur à dire. Ces crimes, ces meurtres, ces féminicides sont faits envers une ou plusieurs femmes en raison de leur condition féminine, puisqu’elles sont nées femmes. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, sur le nombre de meurtres commis envers les femmes en 2017, qui était de 87 000, 65 000 étaient en fait des féminicides. 65 000 femmes sont mortes parce qu’elles se sont fait attribuer ce genre au tout départ, le genre «faible» selon une tranche de la société. 

Parce que l’égalité n’est pas une option, mais un droit. Nous avons le droit d’être traitées comme le serait un homme, ce qui se trouve entre nos jambes ne devrait pas être un facteur décisionnel sur l’attitude qui est de mise pour aborder une femme, ni même sur si le discours que celle-ci tient vaut plus ou moins, si il vaut la peine d’être écouter, entendu. On pourrait croire que l’égalité est quelque chose d’établie, d’assurée et d’acquise. Néanmoins, il y a encore des histoires d’inégalités salariales au Québec, comme ailleurs dans le monde. En effet, l’Institut de la statistique du Québec a révélé qu’en 2018, l’écart de salaire entre les hommes et les femmes était de 3$ en faveur des messieurs; les femmes gagnent environ 90% du salaire des hommes. À la fin de l’année et même du mois, cela paraît. De plus, dans un état d’esprit égalitaire, notre Premier Ministre Justin Trudeau, lorsqu’il était temps de former son cabinet des ministres, désirait la parité de genres. Ce fut grandement questionné, créant un raz-de-marée, comme si c’était hors-du-commun et que c’était impensable; bon nombre d’hommes critiquent la parité, disent que cela les discrimine, «prendre une femme moins brillante en dépit d’un homme qualifié». Par contre, lorsque des postes importants ou genrés comme masculin sont occupés par des femmes, davantage d’entre elles veulent se spécialiser dans ce milieu et les femmes deviennent tout aussi compétentes, si elles ne le sont pas déjà. Ce n’est pas discriminatoire, c’est juste rendre cela égalitaire pour tous, comme ce devrait déjà être depuis bien longtemps. Certains disent qu’on est rendus trop loin dans l’égalité; soit on l’est, soit on l’est pas, on ne peut pas l’être à moitié. Je crois, comme société, qu’on est mieux de l’être pleinement. 

Parce que tout le monde connaît, fréquente, travaille ou vit avec une femme; il s’agit que de penser individuellement et collectivement. Nous ne voulons pas être ou être perçus comme une société discriminatoire envers les femmes ou étant restée dans le passé, n’ayant aucunement évolué. Dans cette optique, les hommes ne se disant pas féministes devraient le devenir et ceux l’étant déjà ne  devraient que l’assumer encore plus. Ce n’est pas un combat exclusivement féminin; du moins, ce ne l’est plus. Ce qui est recherché, c’est l’égalité des sexes, qui est profitable pour tous et chacun. Il faut cesser de rabaisser les femmes par des commentaires et des remarques machistes ou même de servir de public au marketing sexiste caractérisant la femme comme un objet ou comme une poule pas de tête. Le refus d’accepter la différence entre les deux sexes n’est pas diminuant pour un homme; cela ne fait pas un moins homme. Bien au contraire. 

Parce que, malgré le temps passé à être une démocratie, nous n’avons toujours pas eu de Première Ministre canadienne, que des hommes. En tout cas, une qui est demeurée en poste pour un réel mandat et non en remplacement, attendant le prochain dirigeant masculin. Est-ce un signe que la population n’est pas encore prête? Que même au sein des partis politiques, élire une cheffe n’est juste pas pensable? Qu’une femme au pouvoir est réellement trop avant-gardiste? Pour prendre comme exemple nos voisins du Sud, ils ont préféré élire Donald Trump, à qui on peut reprocher bien des maux, que Hillary Clinton; plusieurs peuvent penser qu’être femme lui a nuit plus qu’autre chose. Cela ne devrait pas être le cas. En directe opposition, la Finlande a élu cette année la plus jeune Première Ministre de l’histoire, Sanna Mari, cheffe d’une coalition de centre-gauche formée de cinq partis, tous à leur tête des femmes. Les pays ne semblent pas vivre à la même époque. 

Maintenant que la question de la nécessité du féminisme est élucidée, réglons celle des personnes affirmant que les féministes ne s’occupent pas des bons combats, que le discours ne fait qu’être répété, que le féminisme nuit à un mode de vie de femmes au foyer que certains prônent, que les féministes sont sexistes envers les hommes. 

Donc, tout d’abord, lorsqu’on hiérarchise les causes, on n’agit pas et rien ne change. Le fait que rien ne change est justement la raison de pourquoi le discours reste le même; il changera quand le monde changera. Ensuite, si le mode de vie désiré d’une femme est celui de rester à la maison, faire des enfants et avoir un mari qui ramène l’argent, c’est parfaitement correct, mais cela n’empêche pas d’appuyer la cause féministe et de ne pas vouloir être diminuée pour son genre. Finalement, les féministes n’ont pas de problème avec les hommes, mais plutôt avec le patriarcat, qui est une organisation sociale fondée sur l’autorité de l’homme. Le féminisme n’est pas contre les hommes. Bien au contraire, la majorité des femmes ont pour seul objectif d’être sur le même palier que les hommes, d’avoir la même valeur aux yeux de la société, d’être à un niveau social identique.

«Une femme qui n’a pas peur des hommes leur fait peur» Simone de Beauvoir

EN FINIR AVEC LA PEUR

Par Bérénice Desrosiers

Dans une salle hypothétique, là où plusieurs inconnus s’y sont retrouvés pour une raison X ou Y, un certain malaise se fait ressentir par chaque âme, un silence de plomb règne. Les plus sociables tentent de trouver un sujet de discussion, en vain; en dépit de leurs efforts, aucun thème ne semble aviver l’esprit des quelques individus désirant encore socialiser. Quelqu’un énonce, enfin, «Khate d’Occupation double, vous en pensez quoi?». Les cerveaux s’échauffent, les arguments tentant d’être qualifiés comme poussés se construisent autour de cette personne qui a tant fait polémique au Québec en cette saison de notre émission de télé-réalité préférée. Khate est une femme transexuelle, née dans le corps d’un homme, maintenant femme. La discussion s’étire et s’étire, tout le monde à son opinion, son grain de sel à ajouter, comme si cela changerait le sort du monde. Mais pourquoi un aussi gros raz-de-marée par rapport cette personne? Vous vous posez sûrement cette question vous aussi; bienvenue dans l’état d’incompréhension dans lequel cela me plonge. 

Chez moi, ce comportement, le fait de débattre autour d’une personne à part entière, me pose problème, je ne comprends vraiment pas les raisons du pourquoi. Surtout lorsque les réactions vis-à-vis cette jeune femme sont négatives. Dans mon livre à moi, à la base, juste décider de faire la transition, c’est signe de courage et, d’une certaine façon, c’est de l’audace, dans ce cas précis du moins. L’audace de s’inscrire à une télé-réalité où le but premier est de rencontrer l’amour et ce, devant la majorité des foyers québécois ayant les yeux rivés sur les moindres gestes des participants. Le courage de s’assumer, de montrer la diversité, de se présenter dans toute sa vulnérabilité, puisque son cheminement de changement de sexe n’est pas tout à fait complété. Donc, de se mettre à nu et «d’accepter» que ce qui se trouve entre ses deux jambes soit ce dont tout le monde veut parler, que tout le monde veut juger. Tous ont une opinion sur cette femme et, justement, sur si elle peut être désignée comme telle par la société ou sur si l’utilisation de pronoms féminins est juste dans la situation.

Pour une des rares fois que cette affirmation s’avère véridique, les candidats et la production d’Occupation double sont davantage avant-gardistes dans l’acceptation et l’inclusion que l’est notre société québécoise et devraient être pris en exemple par cette dernière. Les téléspectateurs devraient prendre des notes sur comment agir et réagir. En effet, aucun commentaire négatif ou attaque personnelle n’a été fait à l’égard de Khate et, en plus, l’équipe de l’émission a pris la peine de s’informer sur les réalités autour de la communauté transgenre en allant à des conférences sur le sujet et même, avant tout cela, ils ont fait le choix conscient de l’inclure dans les maisons, lui donner une plateforme pour être elle-même, montrant une diversité qui existe, une réalité que nous devons montrer. Ils avaient fait la même chose pour Jessie Nadeau, une pansexuelle, il y a deux ans de cela et une ouverture tout aussi grande s’était fait sentir. Par contre,  nous pouvons facilement nous imaginer que ce ne fonctionne pas de la même manière dans tous les cas, dans la vie de tous les joursl; 20% des personnes trans disent être victimes de transphobie et le taux grimpe rapidement, parallèlement au nombre d’entre elles qui s’assume publiquement et à qui la place leur est laissée. 

Sans en venir tout de suite aux poings (violence physique), un langage injurieux, blessant et offensant est fréquemment utilisé pour parler des trans ou des autres membres de la communauté LGBTQ2iA+, directement dirigé à ces derniers ou dans leur dos pour les décrire, qu’ils les connaissent ou non. Parfois, tout dépendant où se situe une personne dans le processus de changement de genre ou si elle est davantage androgyne, cette dernière est difficilement identifiable et, dans l’incompréhension, les gens manquent de considération, de pudeur et d’empathie. Ce n’est pas aux autres de décider si un homme désirant devenir femme peut le faire et être considéré comme tel et vice-versa, ou si l’homme en question peut avoir des comportements s’apparentant au genre féminin. 

En quoi cela dérange que, reprenons l’exemple de Khate, une femme ait encore un pénis? Surtout que, dans son cas, une vaginoplastie était son objectif et, donc, elle n’était probablement pas à l’aise avec cette partie de son corps que la société rappelait constamment et jugeait régulièrement. Oui, ce que l’on connaît, c’est qu’une femme a un vagin et qu’un homme a un pénis et l’homme agit d’une façon et la femme d’une autre façon, mais si la personne décide qu’elle ne veut pas subir les opérations nécessaires pour le changement de sexe, c’est son droit. Comme c’est son droit de vouloir se faire appeler par le pronom auquel elle s’identifie ou d’utiliser les toilettes qui correspond à son identité de genre ou de changer le nom se trouvant sur son certificat de naissance. Même si, personnellement, vous ne vous identifiez pas à la communauté LGBTQ2iA+, que vous n’êtes pas en accord avec tout de cette dernière, au moins, laissez les vivre. Ils n’imposent pas leur mode de vie au vôtre, faites la même chose.

13%. 13% de la population canadienne appartiendrait aux communautés LGBTQ2iA+ selon le sondage «Réalité LGBT». De ce 13%, 54% des répondants n’ont pas encore fait leur «coming out» dans leur milieu de travail et 45% ne l’ont pas fait à leurs camarades de classe. Pourquoi, vous vous demandez peut-être? La crainte. Celle d’être rejetés, de se voir refuser des avancements dans leur carrière ou, la peur de subir des moqueries, des commentaires mal placés ou de vivre de l’intimidation. Pédé, fif, gouine, butch, tomboy; certains termes à connotation péjorative qui sont fréquemment utilisés par, plus souvent qu’autrement des hétérosexuels, stigmatisant les pratiques sexuelles des gays et des lesbiennes et l’identité de genre de ces derniers. L’utilisation de ces mots, c’est de l’homophobie. Par contre, pas tous faisant l’usage de ces expressions peuvent être décrits comme homophobes, mais le geste en soit, oui.

Avec le temps, à force d’être en quelque sorte confrontée à la différence ou aux nombreuses possibilités plutôt, on aurait pu croire que dans la société actuelle, la haine envers la communauté LGBTQ2iA+ aurait diminué, voire même disparue, mais non les comportements méchants sont toujours de ce monde. Par exemple, un chroniqueur, que je n’affectionne pas particulièrement, a été l’auteur d’un texte ayant particulièrement semé la controverse; L’amour du marginal. Ladite chronique ne faisait que cumuler les insultes/commentaire offensants, tels que «Mais le top, c’est le trans. Là, c’est le boutte» ou «En Angleterre, il y a une troupe de drag queens trisomiques! Essayez d’accoter ça, vous autres!» ou, finalement, «On est ouverts, au Québec, mais il y a une maudite limite…». Non, justement, dès le moment où ce genre de choses est partagé, est apprécié, toute notre ouverture se referme, ne devient que façade. Le top, pour reprendre l’expression de Martineau, est que des gens sont encore confortés dans leur peur, dans leur ignorance.

Aussi, toujours dans la même lignée, quelques parades, non pas de la fierté gaie, mais bien de la fierté hétéro, ont vu le jour. Oui oui, certains hétérosexuels éprouvent le besoin de célébrer les droits qui leur ont été laissés après de nombreuses luttes et sacrifices. Ah non, ce n’est pas arrivé, c’est vrai.  En organisant de telles festivités, c’est en quelque sorte une façon dévaloriser l’histoire que les «non hétéros» ont vécu. Ce n’est pas parce que quelqu’un a quelque chose de plus que toi qu’il t’enlève de quelque chose que tu avais. C’est même le contraire dans ce cas-ci. 

Longtemps, la société a pensé que c’était un choix, les personnes n’ayant pas une orientation qualifiée comme normale ne pouvaient pas risquer de s’afficher et n’osaient pas le faire non plus, se considérant eux-mêmes comme honteux. Par contre, ce n’est pas un choix; le génome d’une personne décide pour elle de son orientation sexuelle, de son identité de genre. Avec tout ce qui s’est produit dans l’histoire, à cette époque, les gens n’auraient pas pris cette décision, ils ne se seraient pas jetés dans la gueule du loup par pur plaisir. Ce n’est pas un choix, donc la haine envers cette communauté ne devrait pas exister puisque n’importe qui aurait pu avoir une des orientations sexuelles se trouvant dans le LGBTQ2iA+. On devrait juste se dire que autant d’ouverture, d’acceptation et d’épanouissement personnel est juste beau. Soyez tout ce que vous voulez être et laissez les autres être ce qu’ils veulent. Ne maudissez pas le bonheur des autres par peur de la différence.

MAIS ON ATTEND QUOI?

Par Bérénice Desrosiers

Les océans se réchaufferont et s’acidifieront, le niveau des mers s’élèvera, des zones habitées seront submergées, les vagues de chaleur seront plus fréquentes que celles de froid, les pluies inonderont des villes, le volume des glaciers diminuera drastiquement, l’océan Arctique sera libéré de ses glaces, de nombreuses espèces disparaîtront, l’eau potable deviendra très difficile d’accès… On croirait entendre le scénario d’un film apocalyptique, narrant des événements qui pourraient se produire dans un futur éloigné, très très loin de notre époque, ou bien le générique d’Une galaxie près de chez vous, où ils cherchent une nouvelle planète pour 6 milliards de tatas. Eh bien non, ce sont des affirmations faites par de nombreux scientifiques et l’ONU, ces dernières prévisions formant et composant ce que nous connaissons, aujourd’hui, comme les changements climatiques ou le réchauffement climatique. 

Les humains sont-ils au courant de ce qui se passe directement sous leur nez? Oui, bien sûr, puisque le consensus sur la cause principale de cette catastrophe écologique est, ironiquement, l’augmentation drastique des gaz à effet de serre liés aux activités humaines; c’est en quelque sorte notre création, notre produit fini. Nous assistons au retour du balancier, qui, depuis la révolution industrielle, n’attend que ça. Mais, les humains, sachant cela et connaissant le sort misérable les attendant, sont-ils tous alarmés et ont-ils tous changés de manière considérable leurs actions quotidiennes? Une partie, du moins, tente de sauver la planète à sa façon, en apportant ses propres sacs réutilisables à l’épicerie ou en utilisant des pailles en papier, en bambou, en métal, etc. Tous ces petits gestes sont bien et ont un effet boule de neige avec l’entourage, donc la quantité de personnes faisant des efforts ne fait qu’augmenter de jours en jours. Par contre, cela est triste à dire, mais les petits gestes ne suffisent pas ou ne suffisent tout simplement plus; il est, malheureusement, trop tard. 

En effet, peut-être que quelques décennies avant celle dans laquelle nous vivons, dans leur individualité, chaque personne aurait pu avoir un réel impact dans cette lutte que nous menons; maintenant, tenir ce genre de discours, affirmer que c’est une problématique individuelle, c’est avoir un comportement destructeur. Ceux pouvant changer les choses, ceux ayant les moyens de le faire sont ceux qui ont permis au problème de croître à ce point-là; ce sont les entreprises, les autorités, les gouvernements qui n’aident en rien, c’est eux qui ont le gros bout du bâton. Tatiana Schlossberg, une journaliste américaine, écrivaine d’un livre environnementaliste nommé Inconspicuous Conspicuous : The Environmental Impacts You Don’t Know You Have, a dit «Nous ne sommes pas individuellement coupables, mais collectivement responsables de régler ce problème». 

Par exemple, c’est bien beau utiliser des pailles réutilisables, mais la problématique des pailles non recyclables ou non recyclées ne représente que 0,3% de tout le plastique dans les océans. Ce dernier, cet intrus des eaux, est un enjeu important, mais il provient majoritairement des activités de pêche surtout des pays asiatiques tels la Chine, les Philippines, le Sri Lanka, l’Indonésie et le Viêtnam. Je ne tente pas de diminuer l’importance des gestes individuels, mais il faut voir la situation dans son ensemble, ne pas mettre son focus juste sur le coin en bas à gauche de l’image. Les géants de la société doivent changer, ils doivent se rendre compte de leur faute, de leur erreur  et ils doivent prendre leurs responsabilités. 

En 2016, 195 pays sur les 197 reconnus par l’ONU se sont engagés à signer l’Accord de Paris sur le climat, étant le premier accord universel sur le climat ou le réchauffement climatique, qui a été réalisé par la suite de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.  C’était une démonstration de la bonne foi de ces pays signataires et de leur envie de faire un effort, même si minime, dans la lutte aux changements climatiques. Par contre, le nombre 195 a été calculé avant le retrait de nul autre que les États-Unis. Trump, en annonçant sa décision, soutient que l’entente représentait un «fardeau économique draconien», en ajoutant que cela aurait pu occasionner des pertes d’emplois, des millions, dans les industries de l’automobile, du ciment, du charbon et du gaz naturel. 

Toujours avec le nombre 195, ne gardons de celui-ci que 147 pays. En 2017, deux ans après l’Accord, c’est 147 pays qui sont allés au bout de ce qui avait été entendu; parmi les grandes économies mondiales, en plus des États-Unis manquant à l’appel, la Russie et la Turquie ne figurent pas dans la liste. En résumé, cet accord fixe un objectif de garder la hausse de la température moyenne mondiale en-dessous de 2 degrés Celsius, et si possible, 1.5 degré Celsius. Nous pouvons donc déduire que certains des grands responsables de l’urgence climatique (les pays nommés précédemment) ne prennent aucun engagement, ne remplissent aucune promesse. On dirait bien que tant que cela ne nuira pas à leur économie et aux personnes en autorité directement, aucune action ne sera prise, aucun plan d’action ne sera mis en branle.

Certains gouvernements, en quelque sorte, «flashent» à gauche, mais tournent à droite lorsqu’il est question d’environnement. Effectivement, prenons comme exemple notre gouvernement fédéral, ayant comme premier ministre Justin Trudeau, chef du Parti libéral. Il se dit pro environnement, il désire bannir les plastiques à usage unique d’ici 2021, mais aussi, il sacre une claque à la face des environnementalistes en autorisant l’expansion du pipeline Trans Mountain. Ces décisions ne sont-elles pas très contradictoires? Encore là, c’est une question d’économie, celle de l’Alberta reposant beaucoup sur le pétrole brut et le pétrole raffiné; il faut bien sûr le transporter toujours plus loin, agrandir le marché pour qu’il soit toujours plus gros. Encore en contradiction, mais maintenant en faisant une faveur à la Terre, Trudeau s’est engagé à planter ni plus ni moins que deux milliards d’arbres d’ici dix ans pour «veiller à la protection de notre environnement». Ces arbres seraient pour compenser pour l’effet néfaste de Trans Mountain sur l’environnement et les recettes de ce dernier vont servir à couvrir les coûts de plantation des lesdits arbres. Sommes-nous pris dans un cercle vicieux où il faut polluer pour sauver l’environnement? Pourquoi ne pas juste arrêter de polluer à la base? Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué?

Dans le même ordre d’idées, cette fois-ci à l’échelle provinciale, le gouvernement québécois, dirigé par François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), étant aussi contradictoire, affirme que le troisième lien entre la Ville de Québec et la Ville de Lévis serait bon pour l’environnement. Oui oui, une infrastructure favorisant l’étalement urbain et entraînant une hausse des émissions de gaz à effet de serre serait bon pour l’environnement, selon Legault et, tenez vous bien, le Ministre de l’environnement. Leur explication derrière leur affirmation, pouvant être qualifiée de contestable hors de son contexte, est la suivante: «Sans ce développement économique-là, on se prive d’outils. Ceux qui veulent empêcher toute forme de développement, que ce soit à travers le troisième lien ou à travers d’autres entreprises, nous privent littéralement de moyens.». Nos paliers de gouvernement semblent être pris tous les deux dans le même cercle vicieux; investir dans la pollution pour, par la suite, investir dans la sauvegarde de notre écosystème. En plus de tout cela, aucune étude n’a prouvé la nécessité de ce troisième lien. Étrangement, aucun poste de péage n’a été annoncé, même l’idée a été repoussée du revers de la main; alors, les revenus de ce fameux lien sortent de où dans toute cette histoire? Bref, ce qui est censé financer la lutte contre les changements climatiques n’est même pas supposé être payant et n’a pas été prouvé comme utile. On dirait bien que la CAQ ne fait que porter à bout de bras son idée qui coûtera pas moins de 4 milliards aux contribuables, sans se soucier du reste, comme plusieurs autres plans de génie qu’ils ont.

Cela illustre bien ce que le Québec et le Canada tentent de protéger; l’industrie pétrolière, l’industrie automobile, etc. Ce sont deux industries, assez connexes, parmi tant d’autres qui sont polluantes et nocives pour l’environnement, sinon plus. Une qui a longtemps été cachée aux yeux de la population moyenne est l’industrie de la viande. Eh oui, ton steak dans ton assiette, tout comme ta cuisse de poulet, a un effet destructeur pour notre planète. Au fil du temps, la viande est devenue de plus en plus accessible, donc de plus en plus en demande, alors elle est de plus en plus produite. Cette production massive ne demeure pas sans conséquences environnementales (en 2017, 323 millions de tonnes de viande ont été produites dans le monde, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)); l’élevage de bétail est responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre. 

Cette activité humaine émet 7 milliards de tonnes de CO2 par an, soit plus que les émissions des États-Unis et la France mises ensemble. De plus, cela consomme énormément de ressources comme de l’eau et des céréales; un kilo de boeuf nécessite 13 500 litres d’eau et, environ 40% de la production de céréales mondiale sert à nourrir ledit bétail. De nombreuses terres qui pourraient servir à nourrir des populations entières sont utilisées pour l’alimentation d’animaux qui ont comme destinée la mort provoquée par l’humain. Aussi, quand les terres ne sont pas assez nombreuses, la décision est de déboiser, toujours et encore plus, avec joie et allégresse. Ces détails-là, ils ont été cachés à la population, même les organismes environnementaux, tels que Greenpeace, n’en parlaient pas et mettaient toute la faute sur l’industrie pétrolière; cela n’avantage personne que les humains cessent de manger de la  viande. Personne, sauf la planète et qui est là pour s’en soucier de celle-là?

Cette question, je lui répondrai par ceci: le 27 septembre 2019, tandis que les dirigeants des pays et des multinationales se croisent les bras, se tournent les pouces et regardent les changements climatiques agir et se déchaîner directement sous leurs yeux, un demi-million de personnes se trouvaient dans les rues de la Ville de Montréal pour manifester.  Simultanément, une centaine de milliers de personnes déambulaient dans les rues de la Ville de Québec, manifestant leur mécontentement devant l’Assemblée nationale, demandant de véritables actions, pas que des fausses promesses claires à moitié. Ceux qui se soucient de l’environnement n’ont malheureusement pas le pouvoir, par eux-mêmes, de changer les choses. On se regroupe, on fait du bruit, on dérange un peu, priant que les gens qui ont l’air de s’en foutre royalement cesse de jouer à l’autruche. 

Message à vous, chers dirigeants, les gens ne vous ont pas élus pour que vous soyez comme des bibelots remplissant notre Parlement, sinon ils en auraient pris des plus attrayants. Comme les Cowboys fringants le disent si bien:« Toutes les 8 secondes, je ressens un peu plus de honte face à cette surexploitation et à cette triste destruction d’la nature pour la consommation».